Techniques, histoire et règles, sans jargon
Le vo dao désigne en français les arts martiaux vietnamiens, et plus précisément, dans l'usage courant, la voie martiale issue du Vovinam Việt Võ Đạo. Son histoire mêle un héritage très ancien et une école moderne, fondée au vingtième siècle. Cette page retrace les grandes étapes de cette école, de sa naissance à son implantation en France, sans prétendre couvrir l'histoire de chacun de ses clubs.
Avant le Vovinam, des traditions martiales existaient déjà dans le pays. Les arts martiaux vietnamiens se rattachent à deux lignées : celle des Sino-Vietnamiens, descendants des Han, et celle des Chams ou des Vietnamiens autochtones. Des écoles régionales comme celle de Bình Định, dans le centre du pays, perpétuent des styles traditionnels. Des vestiges, comme des sculptures de boxeurs du dix-septième siècle et des poteries médiévales représentant des guerriers, témoignent de cette ancienneté.
Le Vovinam s'inscrit dans cette histoire, mais il en propose une synthèse nouvelle, organisée en système d'enseignement.
Le fondateur du Vovinam est Nguyễn Lộc. Il a commencé à enseigner en 1938, et la première démonstration officielle de l'école a eu lieu à Hanoï en 1945. Le nom a un sens précis : võ signifie art martial, Vovinam désigne l'art martial vietnamien, et Việt Võ Đạo signifie la voie de l'art martial vietnamien. La notion de voie, đạo, rappelle que l'apprentissage vise autant la formation du caractère que l'efficacité technique.
Cette double ambition explique l'importance accordée dès l'origine à l'éthique et à l'éducation, au-delà du combat. Elle donne à l'école un ton particulier : ceux qui la pratiquent insistent autant sur la discipline, la politesse et le service que sur la maîtrise des gestes, et c'est ce qui la distingue d'un simple sport de combat.
La devise de l'école est être fort pour être utile, ce qui lie la force physique à une responsabilité envers autrui. Le salut symbolise une main d'acier sur un cœur de bonté : la main fermée représente la force, la paume posée sur le cœur la bienveillance. Ces gestes ouvrent et ferment chaque séance et rappellent le sens de la pratique.
Neuf principes régissent le comportement des pratiquants, parmi lesquels le respect de la loi, l'aide aux plus faibles et la légitime défense. Ils fixent des limites claires : on apprend à se battre pour pouvoir protéger, jamais pour dominer.
Le Vovinam se reconnaît à un répertoire large : coups de poing, de pied, de coude et de genou, balayages, blocages, lutte et projections, armes traditionnelles. Sa technique la plus emblématique est le ciseau volant, appelé don chan, qui utilise les jambes en saut pour frapper ou étrangler. Ces techniques sont détaillées dans la page sur les techniques de base, et les armes dans celle sur les armes traditionnelles.
L'ensemble forme un système cohérent plutôt qu'une collection de gestes, avec une progression par niveaux, présentée dans la page sur les ceintures et la progression.
Le Vovinam est arrivé en France dans les années 1970, apporté par des maîtres vietnamiens. Depuis 2007, la discipline est déléguée à la Fédération française de karaté, avec environ douze mille pratiquants déclarés selon la source consultée, un chiffre qui évolue. Ce rattachement à une grande fédération a donné à l'école un cadre sportif officiel : licences, grades reconnus, compétitions.
Le réseau est composé de clubs, dont certains perpétuent une tradition propre sous un nom d'école. Chaque club a son histoire, son maître et ses habitudes, que seul le club peut raconter. Cette diversité explique qu'il n'existe pas une histoire unique du vo dao en France, mais des parcours locaux, liés à des personnes qui ont ouvert des salles, formé des élèves et transmis un enseignement parfois très personnel.
Trois enseignements se dégagent. Le vo dao est un art martial récent dans sa forme, mais ancien dans ses sources. Il associe étroitement technique et éthique. Et sa diffusion mondiale s'est faite par les communautés vietnamiennes, avant de rencontrer un public plus large. Pour qui souhaite s'y mettre, cette histoire donne des repères utiles : on peut s'intéresser à la technique sans oublier que l'école a été pensée comme une éducation complète. Les repères de cette page viennent des notices de l'encyclopédie en ligne consacrées au Vovinam et aux arts martiaux vietnamiens.